COMMUNIQUE DE
PRESSE
L’Union
européenne doit condamner le coup d’Etat permanent au Gabon. En refusant de
respecter la mise à plat des institutions chargées de l’organisation des
élections libres, démocratiques et transparentes, Ali Bongo Ondimba commet un
coup d’Etat, qui ne dit pas son nom, contre le peuple gabonais. Ce coup de
force rejeté par les gabonais doit être condamné avec fermeté par la communauté
internationale.
Après des
mois de manifestations et de répression à Libreville, avec plusieurs morts et blessés
le Gabon est dans l’impasse. La campagne de mobilisation du FUOPA et ses
membres, vivement préoccupés par la dégradation de la situation politique,
sécuritaire et humanitaire au Gabon (en particulier dans la capitale),
appellent tous les partenaires de la communauté internationale à agir.
Depuis
le 20 décembre 2014, date de l’assassinat de Bruno Mboulou Beka, la situation s’est
encore dégradée. Les témoignages concordants se multiplient sur l’existence de
dispositifs visant à arrêter, sinon à éliminer, les personnes soupçonnées de s’opposer
au deuxième mandat illégal de Bongo Ondimba Ali. L’évidente porosité entre
jeunes drogués et services de sécurité, faisant d’eux des supplétifs des forces
de l’ordre pour intimider les leaders d’opinion, renforce les craintes de voir
se multiplier les exactions. Enfin, de très nombreux témoignages font état de
pratiques de tortures sur des personnes arbitrairement arrêtées, voire
d’exécutions extrajudiciaires.
Lorsque
l’on ferme les sentiers de la liberté, on ouvre les autoroutes des conflits.
Quand les militants de l’opposition et de la société civile libre marchent
paisiblement contre la mauvaise gouvernance, l’imposture en cours au sommet de
l’Etat et pour réclamer la liberté et le respect de la constitution de leur
pays, ils sont réprimés avec une violence inouïe. Ceci démontre à suffisance
que ce régime est tout sauf une démocratie. En tout cas ces actes caractérisent
la nature du régime stalinien et tyrannique qui dirige le Gabon. En effet les abus
de pouvoir, de complicité d’assassinat, de menaces de mort, de violation de
domicile, de dégradation et de destruction, de mutilation, de séquestration,
d’enlèvement, de détention et d’atteinte à l’intégrité des cadavres sont le lot
quotidien des gabonais.
Ce régime s’oppose à toute forme de liberté des
gabonais. Il a mis en place et
applique des lois iniques qui violent les droits du peuple gabonais :
l’expression de ses opinions, sa liberté de manifestation, une instrumentalisation de la justice, la criminalisation des manifestations
sociales et politiques. Bref des lois qui abrogent toute indépendance
intellectuelle et toute liberté d’opinion.
La
liberté d’expression est un préalable à tout système démocratique. Elle ne peut
être limitée que par la loi. Or, sous le régime d’Ali Bongo-Ondimba la censure
n’est pas une décision judiciaire faisant suite à la commission de crimes ou de
délits, mais une simple décision administrative à caractère évidemment
politique.
Il est
à considérer que M. Ali Bongo Ondimba, en sa qualité de président autoproclamé,
a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les gabonais luttant contre
l'imposture de son mandat, contre la dictature qu'il a imposé aux gabonais et à
légitimer, voire à légaliser, l’usage de la violence du terrorisme d’état
contre des civils en raison de leur appartenance à l’opposition.
La
société civile libre du Gabon continue à exprimer son refus catégorique du 2ème
mandat de Bongo Ondimba Ali. La mobilisation citoyenne ne pourra à elle seule
pousser Ali Bongo Ondimba à reconsidérer sa position. En outre, les menaces sur
les leaders entrés en quasi clandestinité ou en fuite à l’étranger grèvent sa
capacité à poursuivre une lutte pacifique. L’impasse actuelle risque d’amener
le Gabon à une réelle catastrophe politique et humanitaire.
L’annonce
de l’augmentation de la population gabonaise qui passe inexplicablement de
1.200.000 habitants à 1.800.000 habitants présage de la fraude annoncée pour
rester à tout prix au pouvoir.
L’élection
présidentielle sous les conditions actuelles ne constitue pas des garanties
pour la tenue d’élections crédibles, libres, transparentes et apaisées.
En collectant la somme nécessaire au paiement de la caution d’Ali Bongo à
la prochaine présidentielle, le ministre de l’Intérieur a solennellement
indiqué au monde entier sa préférence. De par ses alliances matrimoniales et du
fait d’une exceptionnelle longévité à cette fonction, le président de la Cenap
est définitivement incapable d’impartialité. Pis : de par ses liens familiaux,
la présidente de la Cour constitutionnelle tombe sous le coup de la suspicion
légitime. Théoriquement, ces personnalités sont disqualifiées pour connaître de
toute question engageant Ali Bongo. Dans toute démocratie respectueuse de
l’éthique républicaine, Guy-Betrand Mapangou aurait déjà été remplacé. Partout
dans le monde, René Aboghé Ella aurait quitté ses fonctions, ne fut-ce que pour
laver les errements de septembre 2009. A la place de Marie-Madeleine
Mborantsuo, n’importe quel magistrat se serait récusé par éthique
L’Aide que les Gabonaises et les Gabonais attendent
de la France et de l’Union Européenne est prioritairement en direction de
l’instauration de la démocratie et l’établissement de l’Etat de droit au Gabon.
Si dans ses rapports avec le Gabon, la France et l’UE appliquaient les critères
de Copenhague qui ont été appliqués aux pays d’Europe Centrale et Orientale
pour leur admission au sein de l’Union, alors il sera assuré un développement
cohérent et harmonieux des pays comme le Gabon.
Dans le même ordre d’idée, un mécanisme pour la
supervision des élections politiques est une réponse viable qui participera, à
n’en point douter, à une véritable politique de sécurisation et de
consolidation des valeurs et principes démocratiques telle qu’engagée dès les
années 1990 en Afrique. Aujourd’hui, malheureusement, cette politique est en
danger, singulièrement depuis cinq (5) ans au Gabon. Un tel mécanisme assurera
le pilotage de la démocratisation et de l’Etat de droit en établissant une
cohérence entre les acteurs dans le respect de leur diversité. L’éthique et
l’efficacité de ce mécanisme devrait reposer notamment sur le fait qu’il doit
participer, dès le départ, à l’élaboration et à l’appropriation d’instruments
ou d’indices mesurables jusqu’à l’utilisation et à la proclamation des
résultats.
-
montrer l’engagement
décisif de l’UE en faveur des libertés fondamentales individuelles et collectives,
et donc de la démocratisation du développement économique du Gabon ;
-
contraindre le régime
Bongo Ondimba Ali-PDG à l’organisation d’élections transparentes, fiables et
viables par l’optimisation de la sécurisation des scrutins ;
-
contraindre le régime
Ali Bongo Ondimba-PDG aux avancées démocratiques par la pression de
‘‘recommandations démocratiques’’ émises ;
NOS DEMANDES
Nous voulons que l’Union européenne et d’autres pays (États-Unis, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni) expriment publiquement leur inquiétude et condamnent la démarche d’Ali Bongo Ondimba qui est contre un dialogue national inclusif pour permettre la mise à plat du système de fraude électorale qui occasionne les violences postes électorales.
L’Union Européenne doit reconnaître qu’Ali Bongo, arrivé par un coup d’Etat contre les institutions, doit se mettre à l’écart aux fins de permettre aux forces vives d’organiser une transition aboutissant sur des élections sous supervision internationale.
La France, qui feint de rester en retrait, doit sortir de sa réserve, dénoncer publiquement et fermement la volonté d’Ali Bongo Ondimba de se maintenir au pouvoir par la violence et la répression des manifestants.
Les gabonais
libres demandent à la France et à l’Union européenne d’en tirer toutes les
conséquences au cas où Ali Bongo Ondimba ne respecte pas la volonté du peuple
gabonais :
- Définir un régime
de sanctions à l’encontre d’Ali Bongo Ondimba et des responsables de son
régime impliqués dans le coup d’Etat permanent contre les institutions
(gel et surveillance des avoirs, interdiction de visa, annulation des
titres de séjour) pour qu’il renonce à une candidature qui va à l’encontre
de la Constitution gabonaise ;
- Signifier au
gouvernement gabonais que tout résultat issu des élections conduites dans
les conditions actuelles, et toute réélection du président en exercice, ne
sauraient être reconnus ;
- Favoriser la mise
en place d’une mission technique d’observation et de monitoring des
violations des droits humains ;
- Imposer des
sanctions et restrictions individuelles et mettre tout en œuvre pour
combattre l’impunité de toute personne responsable de violation des droits
humains au Gabon ;
- Définir un régime de
sanctions adaptées à l’encontre du gouvernement gabonais (suspension des
aides sectorielles et des actions de coopération en cours)
- Assurer un soutien
effectif à la société civile gabonaise et aux médias indépendants ou
d’opposition, et offrir protection (y compris par la délivrance de visa)
aux défenseurs des droits humains et à leurs familles menacées.
Présidente
A.I.G.L.E asbl
Madame MBOUMBOU SIMEY Bernice +32 485 28 63 15
Premier
Secrétaire Politique aux Relations extérieures Union du Peuple Gabonais, membre
du FUOPA
Jean NDOUANIS +32 475 473 999
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