vendredi 12 juin 2015

GABON la France et l’Europe doivent condamner le coup d’Etat permanent de Bongo Ondimba Ali


COMMUNIQUE DE PRESSE

 GABON  la France et l’Europe doivent condamner le coup d’Etat permanent de Bongo Ondimba Ali

L’Union européenne doit condamner le coup d’Etat permanent au Gabon. En refusant de respecter la mise à plat des institutions chargées de l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes, Ali Bongo Ondimba commet un coup d’Etat, qui ne dit pas son nom, contre le peuple gabonais. Ce coup de force rejeté par les gabonais doit être condamné avec fermeté par la communauté internationale.

Après des mois de manifestations et de répression à Libreville, avec plusieurs morts et blessés le Gabon est dans l’impasse. La campagne de mobilisation du FUOPA et ses membres, vivement préoccupés par la dégradation de la situation politique, sécuritaire et humanitaire au Gabon (en particulier dans la capitale), appellent tous les partenaires de la communauté internationale à agir.

Depuis le 20 décembre 2014, date de l’assassinat de Bruno Mboulou Beka, la situation s’est encore dégradée. Les témoignages concordants se multiplient sur l’existence de dispositifs visant à arrêter, sinon à éliminer, les personnes soupçonnées de s’opposer au deuxième mandat illégal de Bongo Ondimba Ali. L’évidente porosité entre jeunes drogués et services de sécurité, faisant d’eux des supplétifs des forces de l’ordre pour intimider les leaders d’opinion, renforce les craintes de voir se multiplier les exactions. Enfin, de très nombreux témoignages font état de pratiques de tortures sur des personnes arbitrairement arrêtées, voire d’exécutions extrajudiciaires.

 Après l’assassinat le dimanche 12 avril 2015 au Cameroun d’André Mba Obame, l’un des leaders de la contestation, 250 000 gabonais ont marché pour protester contre ce régime. A dix-huit mois de l’échéance présidentielle de 2016 l’espoir de voir une solution politique émerger fait place à la terreur et au spectre d’une guerre civile.

Lorsque l’on ferme les sentiers de la liberté, on ouvre les autoroutes des conflits. Quand les militants de l’opposition et de la société civile libre marchent paisiblement contre la mauvaise gouvernance, l’imposture en cours au sommet de l’Etat et pour réclamer la liberté et le respect de la constitution de leur pays, ils sont réprimés avec une violence inouïe. Ceci démontre à suffisance que ce régime est tout sauf une démocratie. En tout cas ces actes caractérisent la nature du régime stalinien et tyrannique qui dirige le Gabon. En effet les abus de pouvoir, de complicité d’assassinat, de menaces de mort, de violation de domicile, de dégradation et de destruction, de mutilation, de séquestration, d’enlèvement, de détention et d’atteinte à l’intégrité des cadavres sont le lot quotidien des gabonais.

Ce régime s’oppose à toute forme de liberté des gabonais. Il a mis en place et applique des lois iniques qui violent les droits du peuple gabonais : l’expression de ses opinions, sa liberté de manifestation, une instrumentalisation de la justice, la criminalisation des manifestations sociales et politiques. Bref des lois qui abrogent toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion.

La liberté d’expression est un préalable à tout système démocratique. Elle ne peut être limitée que par la loi. Or, sous le régime d’Ali Bongo-Ondimba la censure n’est pas une décision judiciaire faisant suite à la commission de crimes ou de délits, mais une simple décision administrative à caractère évidemment politique.

Il est à considérer que M. Ali Bongo Ondimba, en sa qualité de président autoproclamé, a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les gabonais luttant contre l'imposture de son mandat, contre la dictature qu'il a imposé aux gabonais et à légitimer, voire à légaliser, l’usage de la violence du terrorisme d’état contre des civils en raison de leur appartenance à l’opposition.

La société civile libre du Gabon continue à exprimer son refus catégorique du 2ème mandat de Bongo Ondimba Ali. La mobilisation citoyenne ne pourra à elle seule pousser Ali Bongo Ondimba à reconsidérer sa position. En outre, les menaces sur les leaders entrés en quasi clandestinité ou en fuite à l’étranger grèvent sa capacité à poursuivre une lutte pacifique. L’impasse actuelle risque d’amener le Gabon à une réelle catastrophe politique et humanitaire.

L’annonce de l’augmentation de la population gabonaise qui passe inexplicablement de 1.200.000 habitants à 1.800.000 habitants présage de la fraude annoncée pour rester à tout prix au pouvoir.
En collectant la somme nécessaire au paiement de la caution d’Ali Bongo à la prochaine présidentielle, le ministre de l’Intérieur a solennellement indiqué au monde entier sa préférence. De par ses alliances matrimoniales et du fait d’une exceptionnelle longévité à cette fonction, le président de la Cenap est définitivement incapable d’impartialité. Pis : de par ses liens familiaux, la présidente de la Cour constitutionnelle tombe sous le coup de la suspicion légitime. Théoriquement, ces personnalités sont disqualifiées pour connaître de toute question engageant Ali Bongo. Dans toute démocratie respectueuse de l’éthique républicaine, Guy-Betrand Mapangou aurait déjà été remplacé. Partout dans le monde, René Aboghé Ella aurait quitté ses fonctions, ne fut-ce que pour laver les errements de septembre 2009. A la place de Marie-Madeleine Mborantsuo, n’importe quel magistrat se serait récusé par éthique

L’élection présidentielle sous les conditions actuelles ne constitue pas des garanties pour la tenue d’élections crédibles, libres, transparentes et apaisées.

L’Aide que les Gabonaises et les Gabonais attendent de la France et de l’Union Européenne est prioritairement en direction de l’instauration de la démocratie et l’établissement de l’Etat de droit au Gabon. Si dans ses rapports avec le Gabon, la France et l’UE appliquaient les critères de Copenhague qui ont été appliqués aux pays d’Europe Centrale et Orientale pour leur admission au sein de l’Union, alors il sera assuré un développement cohérent et harmonieux des pays comme le Gabon.

Dans le même ordre d’idée, un mécanisme pour la supervision des élections politiques est une réponse viable qui participera, à n’en point douter, à une véritable politique de sécurisation et de consolidation des valeurs et principes démocratiques telle qu’engagée dès les années 1990 en Afrique. Aujourd’hui, malheureusement, cette politique est en danger, singulièrement depuis cinq (5) ans au Gabon. Un tel mécanisme assurera le pilotage de la démocratisation et de l’Etat de droit en établissant une cohérence entre les acteurs dans le respect de leur diversité. L’éthique et l’efficacité de ce mécanisme devrait reposer notamment sur le fait qu’il doit participer, dès le départ, à l’élaboration et à l’appropriation d’instruments ou d’indices mesurables jusqu’à l’utilisation et à la proclamation des résultats.

 L’intérêt d’un tel mécanisme qui pourrait prendre la forme d’une Fondation ou d’un Observatoire pour la démocratie serait de:

-          montrer l’engagement décisif de l’UE en faveur des libertés fondamentales individuelles et collectives, et donc de la démocratisation du développement économique du Gabon ;

-        contraindre le régime Bongo Ondimba Ali-PDG à l’organisation d’élections transparentes, fiables et viables par l’optimisation de la sécurisation des scrutins ;

-          contraindre le régime Ali Bongo Ondimba-PDG aux avancées démocratiques par la pression de ‘‘recommandations démocratiques’’ émises ;

 Et si l’Aide au développement de l’UE devrait se poursuivre dans sa forme actuelle, alors le risques est grand de voir, comme c’est déjà le cas depuis 2009, le nombre d’immigrés africains et particulièrement Gabonais croitre plus vite que la démographie de leurs pays respectifs ; et les étudiants gabonais diplômés des universités et grandes écoles étrangères, notamment occidentales, être de moins en moins intéressés par le retour dans leur pays. Ce qui serait, à tous égards, l’aboutissement d’un incompréhensible paradoxe.
 
NOS DEMANDES

Nous voulons que l’Union européenne et d’autres pays (États-Unis, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni) expriment publiquement leur inquiétude et condamnent la démarche d’Ali Bongo Ondimba qui est contre un dialogue national inclusif pour permettre la mise à plat du système de fraude électorale qui occasionne les violences postes électorales.
 
L’Union Européenne doit reconnaître qu’Ali Bongo, arrivé par un coup d’Etat contre les institutions, doit se mettre à l’écart aux fins de permettre aux forces vives d’organiser une transition aboutissant sur des élections sous supervision internationale.

La France, qui feint de rester en retrait, doit sortir de sa réserve, dénoncer publiquement et fermement la volonté d’Ali Bongo Ondimba de se maintenir au pouvoir par la violence et la répression des manifestants.

Les gabonais libres demandent à la France et à l’Union européenne d’en tirer toutes les conséquences au cas où Ali Bongo Ondimba ne respecte pas la volonté du peuple gabonais :

  • Définir un régime de sanctions à l’encontre d’Ali Bongo Ondimba et des responsables de son régime impliqués dans le coup d’Etat permanent contre les institutions (gel et surveillance des avoirs, interdiction de visa, annulation des titres de séjour) pour qu’il renonce à une candidature qui va à l’encontre de la Constitution gabonaise ;
  • Signifier au gouvernement gabonais que tout résultat issu des élections conduites dans les conditions actuelles, et toute réélection du président en exercice, ne sauraient être reconnus ;
  • Favoriser la mise en place d’une mission technique d’observation et de monitoring des violations des droits humains ;
  • Imposer des sanctions et restrictions individuelles et mettre tout en œuvre pour combattre l’impunité de toute personne responsable de violation des droits humains au Gabon ;
  • Définir un régime de sanctions adaptées à l’encontre du gouvernement gabonais (suspension des aides sectorielles et des actions de coopération en cours)
  • Assurer un soutien effectif à la société civile gabonaise et aux médias indépendants ou d’opposition, et offrir protection (y compris par la délivrance de visa) aux défenseurs des droits humains et à leurs familles menacées.
  Contacts presse :

Présidente A.I.G.L.E asbl

Madame MBOUMBOU SIMEY Bernice +32 485 28 63 15

Premier Secrétaire Politique aux Relations extérieures Union du Peuple Gabonais, membre du FUOPA

                Jean NDOUANIS +32 475 473 999

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